La petite équipe de bénévoles passionnés d'Ancestris se dépense sans compter pour améliorer toujours et encore ce logiciel libre et proposer à ses utilisateurs des fonctionnalités au plus près de leurs besoins. Mais qui sont-ils ?
Une série d’articles qui nous portera jusqu’au salon de généalogie va nous permettre de mieux connaître les membres de l’équipe qui se rendra à Poitiers en octobre, ainsi que la façon dont ils envisagent le salon.

Après le portrait de Yannick qui nous contait ses démarches de financement participatif et comment Ancestris avait remporté son pari d’être exposant[1], laissons parler François dit Arvernes, l'un des initiateurs du logiciel.

François, l'animateur de l'équipe

François

 

François, pourquoi t'impliques-tu dans le développement d'Ancestris, depuis quand ?

Je suis dans le logiciel de généalogie depuis une bonne quinzaine d'années. C'est moi qui ait popularisé un logiciel dénommé GenJ. J'ai par la suite convaincu Daniel de faire des choses pour Genj qui manquaient cruellement. Cependant, nous avons vite connu des divergeances avec l'auteur de GenJ, Nils Meier. Aussi, un jour, nous avons décidé de prendre le code de GenJ pour le faire évoluer selon nos idées, tout en restant compatible avec Genj. Nous avons donc créé "Genj-Fr". A notre équipe de deux, s'est adjoint une troisième personne : Frédéric. Cela a très bien marché, mais on s'est vite rendu compte que maintenir un code avec GenJ et faire notre propre code était une galère sans nom. On a donc décidé d'abandonner complètement la compatibilité avec GenJ, et de créer Ancestris. Daniel s'est rendu compte que le code qu'on utilisait n'allait pas permettre de faire des évolutions notables, aussi un jour il a décidé de revoir l'intégralité du code pour le réécrire, et c'est ce qu'il a fait entre la version 0.7 et 0.8 qui est sortie mi-mars de cette année.

Que fais-tu plus spécifiquement dans Ancestris ?

Tout ce qui n'est pas le développement proprement dit, que ce soit de l'animation, du support, de l'installation des listes de discussion, forum, sites internet, de la communication, ...

Te considères-tu comme un généalogiste informaticien, un informaticien généalogiste, un informaticien tombé dans la généalogie, ou autre chose... ?

Je me considère comme rien du tout, mais je m'implique à fond dans Ancestris. Il faut savoir qu'Ancestris prend tellement de temps, qu'il est impossible de faire de la généalogie en même temps que de s'occuper du logiciel.
Par contre, c'est vraiment tuant de s'occuper d'Ancestris. On passe par des phases d'euphorie quand on voit que nos amis développeurs et utilisateurs sont très réactifs, et on passe par des moments de très forte lassitude et de désespérance totale quand ça ne se passe pas comme on le souhaiterait. Ancestris, c'est plusieurs heures par jour, tous les jours et 7/7. Ca finit par prendre une place majeure dans la vie de quelqu'un, donc on devient très épidermique après quelques années.

Depuis que le financement participatif a porté ses fruits et la validation de votre inscription, comment te prépares-tu et prépares-tu Ancestris pour le salon ?

J'essaie de donner des directions, des priorités à ceux qui développent. Je rassemble des idées, souhaits, ... pour voir les futures lignes de développement, car tout ne s'arrête pas à Poitiers. Les arabes sont venus à Poitiers, mais ils sont repartis. donc Ancestris ira à Poitiers et devra continuer à se développer après. Il faut imaginer ce qu'il sera demain. J'essaie d'y contribuer avec mes modestes moyens.

Qu’attends-tu du salon, quels sont tes souhaits, tes objectifs voire tes ambitions ?

Pour moi le salon en lui-même ne m'intéresse pas, désolé. Ce qui m'intéresse, c'est qu'il est un outil de stimulation dans le développement d'Ancestris, et qu'il met un terme dans le temps aux développements qu'il faut absolument finir pour présenter quelque chose de bien.

A l’idée d’être exposant au salon et de présenter « votre » logiciel de généalogie libre, qu’est-ce qui t'excite le plus ?

J'y vois plus de contraintes qu'autre chose. Ma santé n'est pas très vaillante et pour moi Poitiers sera une épreuve. Ce qui me plaît par contre, c'est la rencontre entre toutes ces personnes que je connais par claviers interposés, et qui là vont être avec moi. C'est vraiment bien de mettre du concrêt, de pouvoir voir, saluer, discuter en direct avec toutes ces personnes que j'ai côtoyées pendant plusieurs années par ADSL.

A l’inverse, qu’est-ce qui t'angoisse le plus ?

Personnellement, la fatigue.
Du point de vue du logiciel : ne pas être prêt dans les demandes et directions que j'ai données.

Une remarque, une devise, un conseil, un rêve ?

Une devise : ne demande pas aux autres ce qu'ils peuvent faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour eux.
Un rêve à propos d'Ancestris : qu'il soit connu et reconnu à l'étranger. Je voudrais qu'il devienne incontournable. Ancestris est à mon avis le meilleur logiciel de généalogie qui existe, cependant, il est tellement difficile à maîtriser et pas suffisamment "user friendly", qu'il rebute trop de monde. Notre travail est de le rendre "user friendly".


[1] Malgré un couac qui a failli remettre en cause cette participation (parce qu'Ancestris n'était pas une association ou une structure commerciale !?...)

Sources :

  • image d'illustration : ©Scribavita à partir d'une capture d'écran d'Ancestris
  • photo et témoignage : François dit Arvernes

Article écrit par Chantal, le 5 juillet 2015

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